Solidarité sans frontières

Il y a quelques jours, François Rebsamen s’exprimait par le biais d’un communiqué de presse où il déclarait : « Notre ville est héritière d’une culture d’accueil, de fraternité, de partage et étroitement attachée aux principes constitutionnels du droit d’asile. Devant faire face avec responsabilité et humanité aux situations des réfugiés déjà présents dans notre commune, Dijon est très concernée par la crise migratoire et active pour y répondre. Elle prendra toute sa part dans l’accueil des réfugiés en concertation étroite avec les services de l’État qui reste l’interlocuteur effectif des demandeurs d’asile sur notre territoire. »

C’est oublier les nombreuses expulsions (Petites roches en août 2013, Pôle-Emploi en avril 2015, etc…) qui ont eu lieu ces dernières années à Dijon, dont deux où le maire peut très facilement être considéré comme directement responsable :

– Le 2 juillet 2012, l’ancien internat de l’école des greffes qui était occupé depuis 6 mois par plus de 300 demandeurs d’asile était expulsé par au moins autant de policiers. Le lieu avait été déclaré expulsable au 15 juillet par décision de justice. Néanmoins, pour prendre de court les soutiens, l’expulsion s’était faite main dans la main entre préfecture et mairie par le biais de la signature d’un arrêté de péril (municipal donc) sur le bâtiment. Péril bien hypocrite car, un an plus tôt, les apprentis greffiers y dormaient encore. De plus, aujourd’hui, trois ans plus tard, le bâtiment est toujours muré, et vide alors qu’il pourrait tout aussi bien servir « la fraternité et le partage ».

– Le 5 juillet 2013, l’ancienne boucherie du quartier des abattoirs, qui était occupée depuis un an et demi par une petite centaine de demandeurs d’asile, était expulsé, là aussi, par au moins autant de flics. Le bâtiment appartenait à la mairie qui l’a ensuite détruit en attente d’un projet immobilier. Aujourd’hui, deux ans plus tard, les ruines ne sont plus visibles mais il n’y a toujours rien sur place hormis un amas de pierres pour empêcher toute possibilité d’installation en habitat léger.

La mairie peut bien se vanter d’avoir un sursaut humanitaire en cette période d’extrême agitation médiatique autour de la question migratoire, elle n’en a pas moins été complice à de nombreuses reprises de la machine à expulser, trier, et balader les migrants que nous avons cotoyé durant ces dernières années. Et nous ne sommes pas dupes sur le fait qu’elle continuera à agir de la sorte.

La situation du bâtiment de la rue de reggio, où résident actuellement les migrants expulsés en avril de l’ancienne agence pôle emploi, en est le meilleur exemple récent.
En effet, si une procédure d’expulsion est en cours actuellement, elle est l’oeuvre du Grand Dijon. Le propriétaire, contacté par le collectif de soutien aux migrants, avait clairement signifié qu’il n’avait pas de projet sur ces locaux et qu’il ne voyait aucune urgence à en récupérer l’usage. Ce n’est qu’après avoir été contacté et incité par les services du Grand Dijon que celui-ci a décidé de demander l’expulsion par l’intermédiaire de ….. l’avocat du Grand Dijon.

Nous doutons que les actes suivent après les beaux discours et grandes déclarations d’intention.

 

06migrb